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Red line au poker : lire la courbe des gains sans showdown en Spin & Go

À quoi sert la red line, la courbe rouge des gains sans showdown, et que faut-il conclure quand elle monte, stagne ou plonge ?

Mis à jour le 11 octobre 2026

Un tracker découpe vos gains en deux courbes. La bleue additionne les mains allées au showdown, celles où les cartes ont été retournées. La rouge additionne toutes les autres : les pots que vous prenez parce que tout le monde s’est couché, et les jetons que vous laissez en vous couchant. C’est elle que les joueurs appellent la red line.

Les deux réunies donnent la courbe verte, vos jetons réellement gagnés. Il n’y a rien d’autre dans un résultat : chaque jeton vient soit d’un showdown, soit d’un fold. La red line répond donc à une question simple : que rapportent vos mains quand personne ne les voit ?

Les chiffres de cette page viennent d’un historique réel et gagnant de 3 000 spins à 1 500 jetons en jeu, soit près de 40 000 mains. Un seul historique ne fait pas une norme : les proportions changent d’un joueur à l’autre, la mécanique non.

  • Jetons gagnés
  • Au showdown (blue line)
  • Sans showdown (red line)
0100 000200 0001 0002 0003 000SpinsJetons
Les trois courbes de cet historique. À 2 500 spins, la bleue n’avait rapporté que 23 000 jetons, contre 115 000 pour la rouge.

Ce que la red line additionne

Trois mains sur quatre se terminent sans showdown : 75 % ici. La red line est la courbe du quotidien, celle des petits pots qui s’enchaînent, quand la bleue est celle des gros coups. Sur cet historique, elle rapporte 46 jetons par spin sur les 76 gagnés, soit 61 % du résultat.

Elle ne compte que quatre choses : les pots pris avant le flop, sur une relance ou un tapis que personne ne paie ; les jetons abandonnés avant le flop, une blinde le plus souvent ; les pots pris après le flop sur une mise qui fait folder ; et les mains lâchées après le flop face à une mise.

Issue de la mainMains sur 100Jetons par spin
Pot pris avant le flop22,7+140,5
Blinde, limp ou relance abandonnés avant le flop22,5-94,0
Fold au bouton, sans rien avoir misé10,50
Pot pris après le flop9,4+102,5
Main lâchée après le flop10,0-103,0
Total sans showdown75,1+46,0
Les mains sans showdown de l’historique, par issue. Les jetons par spin se lisent sur 1 500 jetons en jeu.

Elle se gagne avant le flop

Après le flop, la red line de cet historique est à l’équilibre : les pots pris sur une mise paient, à un demi-jeton près, les mains lâchées. Tout le gain vient d’avant le flop. Les pots pris sans voir une carte rapportent 140 jetons par spin, les blindes et les relances abandonnées en coûtent 94.

C’est la mécanique du format. À trois, vous payez une blinde deux mains sur trois ; en heads-up, à chaque main. La red line part donc avec un handicap permanent, et elle ne remonte que si vos relances et vos tapis prennent plus de pots que vos blindes n’en rendent.

En Spin & Go, la courbe bleue est celle des tapis

En cash game, un showdown est le plus souvent une main jouée jusqu’à la river. Ici, 68 % des showdowns sont des tapis payés avant le flop : les cartes sont retournées, le board tombe, plus personne ne décide rien. La courbe bleue porte donc toute la chance des all-in. L’écart entre vos jetons réels et votre cEV, le résultat ajusté de la chance, loge tout entier dans la bleue : une main sans showdown n’a aucune chance à corriger.

La conséquence se lit sur le graphique. D’un spin à l’autre, la courbe bleue varie trois fois plus que la rouge. Découpez l’historique en tranches de 100 spins : la red line est positive dans 99 tranches sur 100, la bleue dans deux sur trois seulement, chez le même joueur. La red line est la part de vos résultats qui se lit vite : quelques centaines de spins montrent sa pente, là où la bleue en demande des milliers.

SituationRed lineBlue line
À trois, au bouton+15+13
À trois, en small blind-3+8
À trois, en big blind-9+19
Heads-up, en small blind+36-14
Heads-up, en big blind+7+4
Total+46+30
Jetons par spin selon la place du joueur, sur le même historique. La red line se gagne au bouton à trois, puis en small blind en heads-up.

Où elle monte, où elle descend

À trois joueurs, la red line est presque plate, à 3 jetons par spin : le bouton prend des pots, les deux blindes en rendent. C’est la courbe bleue qui fait le résultat, avec 40 jetons par spin. En heads-up, tout s’inverse : la red line rapporte 43 jetons par spin, plus de neuf dixièmes de son total, et la bleue passe sous zéro. Les blindes sont hautes, chaque fold adverse pèse une part visible du tapis, et la small blind, qui a le bouton, en ramasse l’essentiel.

La profondeur dit la même chose autrement. À 15 BB et plus, la red line est presque nulle et la bleue fait le résultat. Sous 15 BB, la red line porte tout : à trois, un tapis qui fait folder les deux blindes rapporte 1,5 BB sans showdown, et à 8 BB c’est près d’un cinquième du tapis.

Quand elle stagne ou plonge : trois endroits où chercher

Les blindes rendues trop vite. Une big blind qui fold trop face au min-raise ou au limp, une small blind qui abandonne trop en heads-up : chaque fold en trop s’ajoute à la ligne des jetons abandonnés. C’est le leak le plus discret, parce qu’aucune de ces mains ne ressemble à une erreur.

Les pots qu’on ne va pas chercher. Un bouton trop serré, des tapis manqués en short stack, une small blind qui limpe là où la range relance : la ligne des pots pris avant le flop maigrit. Sur l’historique étudié, c’est elle qui fait tout le gain.

Le flop abandonné. Après le flop, un indicateur surveille la red line : la part des flops vus que vous gagnez (WWSF). Le repère indicatif va de 45 à 55 %, et l’historique étudié est à 47 %. En dessous de 45 %, vous lâchez trop de pots, par des c-bets manqués ou des folds trop rapides face à la mise adverse.

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